Les belles échappées !

Au sein du réseau des LearningLabs, il semble que les expérimentations fleurissent ! C’est en tous cas ce qui ressort concernant le nombre d’escape games proposés : de l’Université Catholique de Louvain aux IUT de Grenoble ou Béziers et Nîmes en passant par la BU de Centrale Lyon ou le Campus EDF, voici quelques échos des dispositifs proposés. L’escape game, initialement conçu autour d’un jeu vidéo au sein duquel il faut trouver des indices pour s’extraire d’un environnement pour en rejoindre un autre à tendance à se développer désormais sous la forme de jeu d’évasion en grandeur nature. Quel que soit l’environnement envisagé, il s’agit de parcourir un ensemble d’énigmes.

Au-delà de l’aspect ludique, identifié comme plus engageant pour les participants, la volonté des concepteurs est généralement guidée par plusieurs objectifs :

  • celui de créer du lien entre les participants (nouveaux enseignants, personnels et enseignants, équipe projet)
  • celui de faire découvrir des outils – souvent numériques – et/ou un nouvel environnement physique d’enseignement/apprentissage
  • celui également de faire prendre conscience de ses acquis, le plus souvent via une séance de débriefing indispensable inclue dans le scénario.

Aperçu de l’introduction – IUT de Grenoble

K. Rowling ou G. Lucas : attention, la concurrence arrive ! Les membres du réseau des LearningLabs sont des plus imaginatifs pour immerger les participants dans leurs scénarios. À Grenoble, c’est un nouvel opus de Star Wars (oui, avant le 13 décembre !) qui accueille les nouveaux enseignants dans un bon alignement non seulement des planètes mais également pédagogique.

À l’Université Catholique de Louvain, 4 groupes de 4 joueurs sont en compétition et interagissent dans un cours en ligne de potion animé par Severus Rogue. A  l’IUT de Béziers et Nîmes, c’est un escape game culinaire qui a été développé, immergeant les enseignants dans un environnement où le temps l’espace réinterroge les questions de conception pédagogique. Un escape game basé sur la métaphore des dix points clés de l’innovation culinaire de Marx et Haumont (2016).

Mise en place de la salle – IUT de Grenoble

Quant à Centrale Lyon ou Campus EDF, la pression est montée avec la menace de l’explosion d’une bombe déposée par un ancien élève sur Ecully ou la disparition du pilote d’essai de l’avion à ondes électromagnétiques sur Saclay. Si, à Centrale Lyon, le jeu a déjà été testé 14 fois pour faire découvrir les collections de la bibliothèque et l’histoire de l’école, à Saclay tout débute…
Ainsi, les différents lieux se sont transformés en cuisine, musée, salle d’embarquement et cockpit d’avion.

 

Vous aussi vous souhaitez vous lancer ? Voici quelques conseils recueillis :

« Dès la première animation, plusieurs constats se sont imposés et les maîtres du temps (les facilitateurs du jeu) sont devenus des “maîtres-nageurs”. Quelques bouées sont en effet à lancer au cours du jeu et une explicitation rétrospective des énigmes et des moyens mobilisés doit être proposée. La nature ludique et coopérative des activités impacte fortement l’engagement des participants. Comme le souligne Julian Alvarez (2014) dans son modèle dédié à l’évaluation d’activités ludo-pédagogiques, le débriefing est la phase d’animation la plus importante. C’est une transition indispensable et un critère déterminant pour conserver un équilibre entre la dimension ludique de l’activité et sa visée d’apprentissage.
Un tableau de progression a été demandé par les participants. Il constitue un triple atout : faciliter la communication entre les maîtres du temps, permettre au participant de mesurer leur progression et constitue un point de départ pour la restitution de groupe. C’est à ce moment que le tableau permet à ceux qui n’ont pas contribué à la résolution de chaque énigme d’embrasser la totalité du jeu et de visualiser l’imbrication des solutions mobilisées.
 » (Pascal Vangrunderbeeck – UCL)

« Avoir du temps : un Escape Game est beaucoup plus difficile à concevoir et à mettre en musique (animer, ranger la salle…) qu’on peut l’imaginer en tant que participant ; travailler à plusieurs pour alléger le travail et partager des idées.

Travailler avec ou consulter des gens qui ont déjà une expérience d’organisation d’Escape Game : de ce point de vue, le fait d’avoir co-conçu et organisé l’Escape avec le club jeu des élèves nous a été très bénéfiques, tant du point de vue de l’organisation que de l’animation.

Tester l’Escape Game (si possible avec des habitués) plusieurs fois avant de le lancer pour se rendre compte de la difficulté et adapter en fonction (l’équilibre entre la frustration face à une difficulté trop grande et un manque de challenge n’est pas évident à trouver).

Prévoir un certain nombre de documents d’aide (double de tous les textes d’énigmes, solution des énigmes, to do list pour la (re)mise en place de la salle à chaque fois…).

S’entraîner lors des séances tests à animer l’Escape : donner les bons indices au bon moment n’est pas facile…

Penser à la photo souvenir! sur Twitter » (Nicolas Jardin – Centrale Lyon)

« Partir des compétences requises d’un Chef de projet pour construire nos énigmes. Nous avons passé pas mal de temps sur la question de “quelles compétences retenir ?” “ qu’est ce que l’on dira dans le débrief ?” “quelle attitude ils doivent avoir… » (Catherine Fraissenon – Campus EDF)

« Il faut commencer par bien se fixer les objectifs pédagogiques visés. Puis trouver des actions permettant d’atteindre ces objectifs. Enfin, mettre en forme un univers et des énigmes pour rendre l’exercice ludique et stimulant.
Tester l’escape game dans des conditions réelles avec si possible le même type de public que les futurs joueurs.
Utiliser le  site Enepe qui regorge d’idées et astuces pour créer un escape game. » (Mathilde Loretz – IUT de Grenoble – UGA)

Une question en suspens : quels retours potentiels de ces dispositifs sur les acquis d’apprentissage? Une seconde édition de l’Escape Game Culinaire incluant une observation par des pairs aura bientôt lieu à l’IUT de Nîmes. A suivre donc?

Merci à Pierre Benech et Brigitte Lundin (Ifé ENS et IUT de Béziers – Nîmes), Mathilde Loretz (IUT1 Grenoble – UGA), Nicolas Jardin (BU de Centrale Lyon), Catherine Fraissenon ( Campus EDF, Saclay), Pascal Vangrunderbeeck (Université Catholique de Louvain)

Article rédigé par Gwénaëlle Le Mauff