Cherchez l’erreur !

Cherchez l’erreur !

Retour sur des activités pédagogiques qui utilisent l’erreur pour son effet productif

Une série d’études sur le phénomène nommé l’échec productif (productive failure), publiée par Kapur (2012) a été repérée comme l’une des dix innovations pédagogiques en 2017 par l’équipe de Mike Sharples de l’Open University.

Cette méthode pédagogique, dans sa première phase, propose aux étudiants une situation-problème à la solution complexe (Mindet, 2007), mais non déterministe, ni complètement insoluble. La finalité de cette méthode pédagogique, liée à une stratégie d’appropriation (Mindet, 2007), vise la génération et l’exploration de représentations et de méthodes de résolution des problèmes complexes et nouveaux. S’ensuit une deuxième phase, celle dite de l’institutionnalisation (Brousseau 2011), qui conduit à explorer les objectifs cachés dans la situation avec le but de développer l’ensemble des connaissances et compétences.

Dans la précédente newsletter Les belles échappées, les expérimentations d’escape game présentées s’inscrivent dans ce type de situations-problèmes à la solution-complexe. Mais d’autres pratiques méritent d’être présentées pouvant susciter des intérêts en lien à des besoins, voire des échanges.

Crédit photo : Dreamstime

L’échec productif en LEGO pour une gestion de projet agile…

À l’école des Mines d’Albi, deux enseignants chercheurs, François Marmier et Didier Gourc, ont mis en place auprès d’une cinquantaine d’élèves une activité introductrice à leur cours de Gestion de Projet Agile basée sur l’échec productif. Lors de cette activité les étudiants répartis en sous-groupes d’une dizaine, doivent réaliser un projet de construction d’un camion en LEGO pour simuler les étapes du processus de développement d’un nouveau produit (Photo ci-dessus). Au cours de ce travail les objectifs ne sont pas tenus. Alors la méthode de Gestion de Projet Agile est présentée aux élèves. Ces derniers font immédiatement les liens avec les erreurs qu’ils ont commises. Une seconde simulation est ensuite lancée. Celle-ci se passe mieux car les élèves ont assimilé la méthode. Le retour des élèves est bon : ils apprécient le coté concret et réalisent que lors de la première mission ils avaient oublié de communiquer avec le client sur les besoins. En fin de séance, François Marmier et Didier Gourc s’assurent toutefois que les élèves ont bien retenu les fondamentaux (et non pas seulement le fait qu’ils ont joué aux LEGO pendant le cours !). (Veille, 2017)

 

L’essai-erreur multiculturel dans le hackathon

Quant au hackathon… voilà un formidable concept pour booster l’innovation au sens large à l’intérieur de l’entreprise, transférer des compétences, développer des techniques agiles avec des approches de design thinking… En regroupant des équipes sur un temps limité…, on mobilise l’intelligence collective autour d’un objectif avec une notion de défi. Chacun sort de sa zone de confort avec des contraintes variant de celles de son quotidien. Comme les équipes sont souvent multifacettes, associant des développeurs, des designers, des architectes IT, un hackathon permet aussi aux participants de se découvrir, d’apprendre à travailler différemment et d’aborder des sujets sur lesquels ils n’avaient pas toujours ce niveau d’implication. (Scher, 2016)

CityLab Alliance 2017 propose un Hackathon qui se pose comme un type de réponse à un problème dont les solutions sont complexes. Les participants – 106 étudiants experts – sont plongés pendant trois jours dans une situation agile et en compétition. Ils mobilisent leurs compétences et les mettent au service d’entreprises qui travaillent sur des problématiques urbaines en mettant l’humain au centre des préoccupations.
[Article] Retour d’expérience sur CityLab Alliance 2017…

 

Enfin, pour le plaisir, prenez le temps de regarder la vidéo “Conférence renversée par Jean-Charles Cailliez – Prix de l’I-novation Pédagogique 2017”

Inspirez vous, entre autre, des réflexions sur l’impact positif des erreurs et aussi du cours de “pompes”!

 

Bibliographie

Guy Brousseau (2011). La théorie des situations didactiques en mathématiques, Éducation et didactique [En ligne], vol. 5, no. 1 | 2011, mis en ligne le 30 mai 2011, consulté le 01 février 2018.
URL : http://journals.openedition.org/educationdidactique/1005 ; DOI : 10.4000/educationdidactique.1005

Minder, M. (2007). Didactique fonctionnelle: Objectifs, stratégies, évaluation – Le cognitivisme opérant. Louvain-la-Neuve, Belgique: De Boeck Supérieur. doi:10.3917/dbu.minde.2007.01.

Kapur, M. & Bielaczyc. K. (2012). Designing for Productive Failure. Journal of the Learning Sciences, v21 n1 p45-83
URL : http://manukapur.com/productive-failure/

 

Article rédigé par Brigitte Lundin et Pierre Benech